Thibaud van Finnegans, 22 ans, sait ce qu’il veut ! Entreprendre est pour lui une seconde nature. Encore aux études, il lancera bientôt webshop, un e-shop où les clients pourront composer des cocktails en packs selon leurs goûts. Il souhaiterait que les écoles développent davantage l’esprit d’entreprendre chez les jeunes. Rencontre.

1. Quelle matière étudiez-vous et depuis quand êtes-vous entrepreneur ?

Bien des échecs et des leçons plus tard, je suis toujours passionné par le fait d’entreprendre !
Thibaud : “J’étudie pour l’instant les sciences économiques appliquées à l’Université d’Anvers. J’ai créé une activité dès la fin de mes études secondaires. Je voulais occuper mes trois mois de vacances et cela m’a semblé alors le passe-temps idéal. Deux ans, beaucoup d’échecs et d’innombrables leçons plus tard, je suis toujours énormément passionné par le fait d’entreprendre et j’ai trouvé un projet dans lequel je peux m’investir à fond (rires).”

2. Parlez-nous de vos échecs justement

Il faut se construire une carapace.
Thibaud : “Bah, il y a toujours des gens réfractaires à vos idées, des incubateurs qui rejettent votre projet, des clients insatisfaits,... Il faut se construire une carapace et ne pas tout prendre personnellement. J’ai appris à faire confiance à mon instinct et à relativiser tout le reste. Quand on y arrive, au final, entreprendre n’est pas si effrayant.”

3. Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre ?

Thibaud : “Je travaille comme étudiant depuis mes 15 ans. J’ai très vite su ce que je ne voulais absolument pas faire. Mon souhait était de réaliser quelque chose de personnel, sans quelqu’un pour me dire quoi faire et comment le faire. Je suis convaincu, même si c’est un cliché, qu’il faut faire ce que l’on aime. Si le marché ne vous propose pas les bons défis, il ne vous reste plus qu’à créer vos propres opportunités, non ? Et pourquoi ne pas construire son avenir dès que possible ? Pour moi, il s’agit avant tout d’un investissement personnel.”

4. Est-il facile de combiner études et entreprenariat ?

Thibaud : “C’est un vrai défi, surtout ces dernières années. Mon activité me prend beaucoup de temps et se fait souvent au détriment de mes études. En outre, l’université offre peu, voire pas de soutien aux étudiants entrepreneurs, ce qui, parfois, rend les choses encore plus difficiles. J’envisage d’ailleurs de poursuivre mes études à la KDG (Karel de Grote Hogeschool, ndlr), parce que l’école propose un très bon programme aux étudiants entrepreneurs.”

5. Quels sont vos conseils aux étudiants qui désirent entreprendre ?

Il ne s’agit pas de ‘get rich, fast option’. L’argent ou la gloire ne sont pas de bonnes motivations.
Thibaud : “Entreprendre est un mot qui fait le 'buzz' ces dernières années. Mais on sous-estime souvent ce que cela signifie au juste. Beaucoup d’étudiants sont venus me voir avec de grandes idées, mais ils ont abandonné au bout de quelques mois parce que cela représentait trop de travail, et c’est dommage. On croit souvent qu’entreprendre, c’est une 'Get rich, fast option' il me semble que c’est justement la plus mauvaise manière de devenir riche rapidement. Il faut énormément travailler, tout faire soi-même et résoudre des problèmes qui paraissent insurmontables. Ajoutez à cela que personne pour vous obliger à faire tout ce travail et cela exige énormément d’autodiscipline. Si ce que vous faites ne vous passionne pas, vous ne tiendrez jamais le coup. L’argent ou la gloire ne sont pas de bonnes motivations. Par contre, si un jeune est résolu à entreprendre et à avancer contre vents et marées, je ne peux que l’encourager dans cette voie. Perso, je ne l’ai jamais regretté une seule minute.”

6. Que devrait faire votre école pour donner la possibilité aux étudiants de concilier plus facilement cursus académique et la création d’une entreprise ?

Thibaud : “Les obstacles à surmonter pour entreprendre et étudier en même temps sont énormes. Les écoles devraient tout faire pour les alléger. En commençant par informer les étudiants sur ce qu’est exactement la création d’une entreprise et en les guidant. Actuellement, de nombreux étudiants entrepreneurs arrêtent d’étudier pour se consacrer pleinement à leur propre projet. Ce qui me semble très paradoxal. Les grandes écoles qui ne s’adaptent pas, comme l’Université d’Anvers, nuisent au marché de l’emploi de demain. Il me semble plus logique qu’elles offrent aux futurs employeurs les mêmes chances qu’aux futurs travailleurs.”